"Et les phares se rallument", un roman de Martine Hidoux-Roussel

Martine Hidoux-Roussel participe à l'un des ateliers "Long souffle" animé par Martine Michon. Lieu propice à la réflexion, il lui a permis de prendre de la distance par rapport à son écriture et de se sentir écoutée et soutenue par le groupe dans l'évolution de ses projets. 

 

Les chemins de la lecture-écriture se sont ouverts dans le jardin de mon enfance. À mes yeux, il était immense. Deux arbres plantés de chaque côté de l’allée centrale : le pommier qui donnait de belles pommes rouges et annonçait l’automne, l’autre, le cerisier bigarreau présageait de l’arrivée du printemps. Je griffonnais des mots sur une ardoise noire pour saluer leur retour.

Le poulailler fut mon lieu d’apprentissage. Il abritait huit poules et un coq. A l’âge de six ans, j’entrepris de leur apprendre à lire et écrire. Je commençais par leur donner un nom. Je plaçais un tableau en bois face au grillage sur lequel j’avais écrit des mots, des petites phrases. Munie d’une longue baguette, je les interpellais chacun leur tour en leur montrant des nouveaux mots. Les poules gloussaient, le coq se mettait à chanter. Je continuais à écrire leurs leçons sur un petit carnet.

Et puis vers l’âge de treize ans, ma mère m’emmena dans la seule librairie de la ville. Elle recherchait une revue spécialisée dans la couture. Je me mis à parcourir les rayons, sur une petite table  un livre de Colette m’attendait :  Claudine à l’école. C’était une découverte. Je m’empressais de l’ouvrir, de lire des bout de phrases. J’étais comme envoutée par son écriture. Je me souvins d’être repartie avec trois titres après avoir négocié avec ma mère : Claudine à Paris, Claudine en ménage et Claudine à l’école. Je me mis alors à écrire des petits textes. Colette demeure toujours un de mes auteurs préférés.

 

Mon parcours

Je quittais ma Bretagne natale et vins à Paris pour travailler et m’inscrire en faculté de lettres. Je réalisais une maîtrise sur l’oralité et les contes sous la direction de Bernadette Bricout. Ce travail de recherche sur les contes, appuyé sur des  interviews de conteurs de villages et de professionnels, donna naissance à un livre : Conteurs et Conteuses des montagnes bretonnes.

J'écrivis ensuite un premier roman : La Terre et les forges , qui commence en Bretagne dans le Morbihan, pendant et après la guerre de 14-18.

Le chef d'une famille paysanne revient de la guerre traumatisé, victime de ses souvenirs et d'une blessure. Il  ne peut plus travailler la terre.  Il décide de partir  s'engager aux forges de Trignac près de Saint-Nazaire, en ce qui s'appelait alors la Loire-Inférieure.

Sa famille le rejoint. Nous assistons à leur changement de vie, au difficile passage de leur condition de paysans à celle d'ouvriers qui, suite à la crise de 1920, aboutit à leur déchéance.

Mon deuxième roman : Et les phares se rallument Saint-Nazaire, 1945-1948, se déroule pendant l’après guerre en limite de la cité en ruines.

On y trouve deux courants forts :

1°) L’entraide des personnages, leur résistance, leur volonté à vouloir se reconstruire psychologiquement et économiquement dans une ville à moitié détruite.

2°) Les femmes et leur émancipation progressive qu'elles obtiendront par leurs efforts dans ce monde d'hommes en bénéficiant de la grande avancée du droit de vote. Mes trois héroïnes luttent pour entrer dans le monde du travail et finissent par y arriver par une petite activité de pêche locale en apprenant à barrer La Maria, un modeste bateau.

Un autre projet est en cours. Le levain commence petit à petit à se lever à force de le pétrir.

 

Tous mes livres sont édités par le même éditeur;

Voir le site des Éditions des Montagnes Noires à Gourin, important éditeur local.