Ecrire pour être lu : une évidence ?

 

L’événement du Salon du Livre 2016 a sans conteste été la montée en puissance de l’autoédition.

Le numérique, en donnant à chacun la possibilité de publier son texte gratuitement et instantanément (ou en quelques clics) révolutionne les conditions de mise en relation des auteurs avec des lecteurs potentiels. Chacun peut désormais mettre ses textes en ligne et à la disposition de lecteurs.

Pour autant, les conditions de la lecture en sont-elles modifiées ? Les exigences du texte littéraire en deviennent-elles plus accessibles ? Sans doute pas.

Dans sa conférence "Ecrire pour être lu", donnée sur le stand KDP, Marianne Jaeglé a analysé ce qui fait que le lecteur adhère (ou pas) au texte qu’un auteur lui propose.

A travers l’exemple de grands écrivains ayant résolu pour eux-mêmes cette difficulté, elle a interrogé la place du lecteur dans le texte et la façon dont l’auteur doit en tenir compte, s’il ne veut pas voir son oeuvre manquer son objectif.

« C’est que l’ennui signe un échec radical de la relation au lecteur, par où se manifeste clairement le ratage de l’œuvre. Toute œuvre ratée l’est de n’être pas parvenue à susciter chez le lecteur un mouvement d’intérêt ou de curiosité qui l’incite  à poursuivre l’aventure commune » explique Pierre Bayard, dans Comment améliorer les œuvres ratées.

Cette « aventure commune » de la lecture implique pour l’auteur de prendre en compte l’existence du lecteur, d’avoir intériorisé son regard, ses attentes, les conditions de son plaisir.

Un bref temps d’écriture a permis aux auditeurs de la conférence de tester leur aptitude à toucher le lecteur, et de bénéficier de retours et de conseils sur leur écriture. 

 

Les Ateliers Elisabeth Bing